COMPOST : MODE D’EMPLOI

Des idées reçues et pourtant fausses :

• Le compost coûte cher à fabriquer : réalisée par la FRCUMA de Bretagne, une étude a montré un coût rendu racine inférieure pour le compost par rapport à un fumier frais.
• Le compostage nécessite du matériel coûteux spécifique : c’est la proportion de paille qui fait la qualité d’un compost et non le nombre de retournement du tas. Seule la paille retient efficacement l’air nécessaire : on peut faire du bon compost avec un simple chargeur.
• Le compost peu s’épandre tout l’année : comme toute matière organique, le compost est un produit sensible aux lessivages hivernaux, par contre, épandu au printemps il conserve au foin tout son appétence.
• Plus on en met, plus ça pousse : au-delà de la capacité de digestion du sol fixée par la quantité/qualité des argiles, les apports sont inefficaces et même dangereux pour la vie du sol. Les dose utilisables par la vie du sol varient de 10 à 40 T/ha.
• Le compostage fait perdre de l’azote au fumier : tout dépend du type de fumier, de sa proportion de paille et de la pluviométrie au compostage : les pertes peuvent se limiter à 10 % au compostage, pour des pertes à l’épandage très réduites(pas de volatilisation d’azote ammoniacale).
• Le compostage est une mode : seul l’intérêt économique et technique peut décider un nombre croissant d’éleveurs à composter, voir plus loin.

L’intérêt du compost :

• Il permet de décongestionner des périodes de pointes de travail : il se réalise en période où l’épandage est impossible. Plus dense et plus homogène il peut s’épandre tard en saison.
• Il élimine les graines d’adventices comprises dans le fumier frais.
• Il élimine les germes pathogènes
(coliformes et bactéries anaérobies strictes).
• Il désodorise les effluents d’élevage.
• Il permet une réorganisation des formes d’azote et entraîne ainsi un meilleur rendement en humus de l’apport.
• Il permet de réduire les dose apportées par un épandage plus homogène et donc augmente le nombre d’apport possible.

Pour réussir son compost : quelques règles à respecter :

• Il faut 3 à 7 Kg de paille par UGB et par jour, plus l’alimentation est riche et humide, plus il faut de paille.
• Il faut réaliser un tas en forme de cordeau de maximum 1,70 m de haut et 3 m de large.
• Il faut brasser le tas pour injecter de l’air, avec un chargeur, épandeur
( selon le type d’épandeur, ce n’est pas toujours possible) ou retourneur d’andain.
• Il faut vérifier que l’eau est en proportion suffisante : on réalise le test de l’éponge : pressé le compost doit difficilement laisser échapper son jus. Une fois mis en tas le compost ne peut être réhumecté, ce travail doit être fait auparavant en étalant le fumier frais pendant un mois pluvieux sur 1 m d’épaisseur ou en arrosant le fumier dans la stabulation avec un sprinkler.
• On doit couvrir le tas de compost 2 mois après sa réalisation, avec une fibre de textile plastique ou de la paille ou une bâche perforée, pour éviter les pertes d’éléments minéraux par lessivage : Azote, Potassium, Calcium et Magnésium.

Retourner un compost plusieurs fois, pourquoi faire ?


• Le retournement agit par brassage et incorporation d’air : il est nécessaire si la composition initiale est très hétérogène(mélange de matériaux divers) ou si le tas est trop haut ou trop humide. Ce retournement peut être fait après 2 semaines à 1 mois de compostage et répété si nécessaire.
• Plus un tas est retourné un grand nombre de fois, plus les processus d’oxydation sont importants : un compost très brassé devient très stable et réducteur, il est adapté à des sols particuliers, très légers.