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Le compost : un améliorateur des sols à mieux connaître
Le compost est un des fondements techniques de l’agriculture biologique, pourtant, bien des agriculteurs bio négligent sa fabrication ou l’utilisent à tout va sans en connaître suffisamment les avantages et les inconvénients. Voici quelques éléments de réflexion pour mieux utiliser cet ami de toujours.
Du point de vu des qualités à rechercher, on peut considérer le compost comme une matière organique encore fraîche prédigérée à effet « engrais » s’il est jeune : 1 à 3 mois, ou au contraire comme une matière stabilisée par le travail de champignons très humifère après une maturation de 6 à 9 mois. On voit bien qu’il y là déjà deux types de compost de qualité différente et donc d’efficacité différente. Il est regrettable que nombre d’agriculteur appliquent une recette sans se poser d’abord la question de l’effet qu’ils recherchent.
des analyses de compost pourquoi faire ?
Plus que la teneur en minéraux P, K, Mg, ou Ca, c’est la capacité à améliorer l’activité microbienne du sol qui est recherchée dans un compost. Les analyses doivent donc évaluer les aspects biologiques du compost en priorité. Pour cela ProméTerre a décidé d’utiliser la méthode mise au point par le BRDA HERODY. Attention, c’est en fonction de l’âge et de la composition de départ que l’on doit évaluer un compost. Comme pour les sols, un bon compost est avant tout un compost bien fait avec de bons matériaux de départ, le bon et bien sont jugés non en valeur absolue mais vis à vis de l’utilisation que l’on compte en faire ! C’est donc le type d’animal, la qualité de la litière et tout ce qui a pu être apporté avant le compostage qui doit être pris en compte.
Outre les aspects visuels et olfactifs qui apportent déjà des informations intéressantes : odeur de moisi, pourri, ammoniaque, humus.. Nous recherchons si le compost est hydrofuge ou non. Nous pouvons ainsi juger de sa capacité à bien se décomposer dans le sol. Un test de germination de cresson suivi sur 3 semaines permet de vérifier l’effet « engrais » du compost : La levée de graines montre s’il n’y a rien de toxique pour les plantules, la couleur indique la nitrification de l’azote, l’aspect des racines permet d’évaluer le risque de toxicité de certains constituants.. Le niveau d’oxydation ou réduction du compost permet de situer la réactivité du compost : trop oxydé, il est hyperstable, trop réduit il devient toxique.. Les formes de l’Azote présent indique sa capacité à alimenter les plantes : les nitrites sont toxiques, les nitrates « poussent » les plantes, alors que l’ammoniaque a besoin d’un sol chaud pour faire pousser. De plus, le rapport C/N indique si le compost peut avoir un effet déprimant sur la végétation en fonction des matériaux de départ, ou au contraire favoriser une bonne nitrification en se décomposant.
Toutes ses mesures permettent d’établir un diagnostic qui va servir à améliorer le compost réalisé en fonction des objectifs recherchés par l’utilisateur : quelles cultures sur quels sols ?
Il faut donc savoir pourquoi composter
Si le compostage permet un gain de temps à l’épandage, il ne faut pas qu’une mode cache la réalité d’un chantier : pour rester motiver il faut savoir pourquoi on en fait et comment on peut s’assurer de bons résultats : Avec 1 à 2 retournements, le coût du chantier est celui d’un fumier frais, main d’œuvre comprise. Le compostage est donc intéressant si on cherche à :
- Homogénéiser le fumier - réduire l’infestation de mauvaises herbes, - réduire l’infestation parasitaire, - améliorer la digestibilité de la matière organique de tout le fumier, - augmenter le taux d’humus vrai du sol, - améliorer la répartition de l’apport au champ, - conserver une bonne appétence de l’herbe après épandage, - améliorer la fertilité des sols fumés..
en s’assurant de quelques précautions pour réussir
Pour satisfaire ces objectifs, il faut se soumettre à quelques règles : Obtenir une élévation de température d’au moins 55 °C pendant 10 j pour les graines, 40 J pour les parasites. Pour cela 2 retournements peuvent être nécessaires à 10-15 J d’intervalles seulement. Pour y arriver, il faut au moins 6 Kg/UGB de paille, selon le type de paille, de logement et d’animaux : en effet, chaque type de logement et d’alimentation oriente le type de fumier. Le rapport Kg de paille/UGB est un indicateur souvent faux ! On réalisera un tas pas trop haut (moins de 2 mètres), avec un fumier ni trop sec ni trop humide. Il faut couvrir le tas dès que la température a baissé, soit après 2 mois en général avec deux retournements. Les composts sont autrement lavés et perdent d’abord Azote et Potasse en très grande proportion ! Il faut aussi savoir utiliser le retourneur d’andains à bon escient. Si 2 retournements semblent utiles pour lutter contre le parasitisme, chaque retournement augmente le d° d’oxydation du compost : il faut agir selon ses objectifs propres et le type de sol à fumer : sol à tendance réductrice implique compost peu oxydé. Plus le compost est oxydé, plus il a de pouvoir réducteur. De plus, chaque brassage augmente les pertes d’azote, surtout si le C/N de départ est inférieur à 25.
Et connaître le sol pour adapter son compost
La connaissance des sols doit permettre de répondre à 4 questions essentielles :
- les sols n’ont-ils besoins que de compost ? - faut-il un compost jeune ou vieux(2 mois ou 9 mois) ? - faut-il un compost peu ou très oxydé(1 ou 3 retournements) ? - a quelle dose l’employer ?
pour y répondre les éléments à connaître de vos sols sont :
- observation du niveau de réduction des sols(mesure difficile à faire au sol), ceci est lié aux rotations, travail du sol et facteurs génétiques : Circulation de l’eau, type de textures en surface et profondeur.
- Le pouvoir fixateur qui dépend des argiles : qualité et proportion dans le sol.
- Connaissance de la qualité des matières organiques du sol : niveau d’humus vrai selon l’optimum permis par les argiles, niveau de Matière Organique Facilement minéralisable, niveau des 3èmes Fractions.
C’est la connaissance des sols qui va décider- selon les cultures pratiquées- quel type de compost on doit utiliser. L’expérience montre qu’en améliorant la qualité des composts réalisés et aussi les doses et dates d’emploi, les résultats sont plus satisfaisants. En ce qui concerne les composts du commerce, on peut appliquer les mêmes critères d’appréciation et donc de choix. L’utilisateur est alors souvent handicapé par l’opacité de bien de fabricants. On s’aperçoit alors que l’on n’est pas si mal servi par soi-même..
compost : mode d'emploi
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